Suzanne Bresseau, épouse du doyen de la Faculté de littérature arabe…

Taha Hussein, qui a vu le monde pour lui et a écrit avec lui une histoire d’amour immortelle

Dans la mémoire de la littérature et de l’humanité, certains récits demeurent comme autant de témoignages du sens du véritable dévouement. Parmi eux brille l’histoire de Suzanne Bresseau, cette Française à travers qui Taha Hussein a découvert le monde.

Suzanne est née en 1895 dans une famille catholique distinguée de France. Elle rencontra pour la première fois Taha Hussein, étudiant égyptien aveugle, en 1915 à Montpellier, où il était en mission éducative. Leur relation commença par une simple aide aux études – elle lui faisait la lecture et l’aidait à écrire – mais l’affection se mua en admiration, puis en un amour profond qui défia toutes les barrières : religion, langue et nationalité.

Malgré la ferme opposition de sa famille à cette relation, Suzanne insista pour épouser l’homme en qui elle voyait un génie rare et un esprit exceptionnel. Ils se marièrent en 1917 et, dès lors, Suzanne devint sa compagne de vie et son plus grand soutien.

Suzanne était bien plus qu’une épouse ; elle était sa voix lorsqu’il écrivait, sa main lorsqu’il explorait le monde et son regard lorsqu’il contemplait la beauté. Elle le soutint dans toutes les épreuves, notamment dans les années 1930, l’aidant, traduisant pour lui et lui ouvrant les portes de la culture européenne.

Grâce à elle, Taha Hussein se plongea dans la littérature française et apprit plusieurs langues, dont le français, le latin et le grec.

Il écrivit à son sujet des mots immortels dans son célèbre roman, « Les Jours » :

« Ce que nous avons transcende l’amour… et sans toi, je me sens véritablement aveugle. »

Après sa disparition en 1973, Suzanne veilla à ce que son souvenir ne tombe pas dans l’oubli. Au lieu de cela, elle écrivit ses mémoires, « Avec toi », immortalisant une histoire d’amour rare et un lien humain profond entre une femme d’Occident et un homme d’Orient, unis par la foi en la raison, l’esprit et l’amour pur.

En 1989, quatorze ans après la mort de Taha Hussein, Suzanne s’éteignit à l’âge de 94 ans, quittant ce monde aussi paisiblement qu’elle y avait vécu, laissant derrière elle l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature arabe.

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La Gazette

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