Du Koweït à l’Institut du monde arabe ….

par Hamza Aliyan (écrivain et journaliste)…

Les craintes entourant l’Institut du monde arabe à Paris se sont dissipées dès que le président Macron a choisi la diplomate Anne-Claire Legendre pour le diriger, succédant ainsi à l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang, contraint à la démission sous le poids des enquêtes et des soupçons d’implication dans le scandale Epstein. La diplomate Anne-Claire était surtout connue pour son amour de la langue arabe, qu’elle avait étudiée à la Sorbonne et à l’Institut des langues de Paris, en net contraste avec l’extrême droite, intrinsèquement hostile à la culture arabe. Avant de quitter le Koweït après un an comme ambassadrice en 2021, elle aurait déclaré : « Mon cœur est ici. » Elle s’était prise d’affection pour le Koweït et y avait tissé des liens d’amitié, entretenant des relations avec ses compatriotes. Elle était également reconnue pour son engagement en faveur de la promotion de l’identité culturelle koweïtienne.

Au cœur du 5e arrondissement de Paris, dominant la Seine et la cathédrale Notre-Dame, se dresse un immeuble imposant de dix étages, de style architectural islamique. Son entrée porte l’inscription « Institut du monde arabe », fondé en 1978 et employant environ 200 personnes. Mme Anne-Claire y entrera avec sa suite et sera accueillie par le directeur de l’Institut, le poète et écrivain irakien Shawqi Abdul-Amir. Elle arrivera après une réunion d’urgence du conseil d’administration et devra répondre à de nombreuses questions dès son arrivée à son bureau. Ces questions porteront sur sa direction de l’Institut et sur sa capacité à le revitaliser après 39 ans. Douze personnalités françaises ont occupé ce poste, de M. Jean Levant (1980-1981) à M. Jack Lang (2026). L’Institut a-t-il rempli sa mission ? A-t-il été géré de manière équitable et sans discrimination à l’embauche ? Quel impact a-t-il eu sur la société française et sur les communautés arabes et musulmanes ? A-t-elle su tirer parti de ses compétences financières et administratives pour promouvoir et intégrer la culture arabe dans les affaires françaises et assurer la pérennité financière de l’Institut ? La présence féminine au sein de l’Institut ne se limitait pas à elle ; Elle a succédé à l’ambassadrice Ghada Yafi, qui fut également ambassadrice de France au Koweït et occupa par la suite un poste de direction au sein de l’institut à son retour à Paris, ainsi qu’à Mme Mai Khazendar, d’Arabie saoudite, qui en fut la directrice pendant trois ans.

Il est de notoriété publique que les politiques de l’institut sont élaborées par la présidente Anne-Claire, en collaboration avec le directeur général et sous la supervision du conseil d’administration. Toutefois, les qualités et l’expérience de la dirigeante jouent un rôle déterminant, notamment en raison des liens étroits qu’Anne-Claire entretient avec le palais de l’Élysée, ce qui renforcera sans aucun doute ses chances de succès et l’aidera à surmonter les obstacles. Il convient de noter que le président de la République française nomme le président de l’institut, tandis que le directeur général est nommé par le Conseil des ambassadeurs arabes, dont le Koweït est membre fondateur. L’Institut du monde arabe à Paris entre sans aucun doute dans une nouvelle ère sous la direction d’une diplomate chevronnée, forte d’une vaste expérience du monde arabe, acquise notamment au Yémen, en Algérie et en Tunisie, et qui l’a menée jusqu’à sa nomination comme directrice pour le Moyen-Orient au ministère français des Affaires étrangères. Elle devra assurément relever d’importants défis dans le cadre des réformes nécessaires. Certains la décrivent comme « une communicatrice excellente, précise et élégante, dotée d’une présence remarquable et largement respectée dans les milieux diplomatiques ». Selon un ambassadeur arabe à Paris, Anne-Claire était le choix idéal parmi trois candidats pour diriger la plus importante institution culturelle arabe au service de l’Occident depuis la France. Réussira-t-elle dans ses nouvelles fonctions ? L’avenir nous le dira.

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