Par : Hamza Aliyan.
Les peuples du Golfe éprouvent une profonde amertume et une grande douleur envers leurs frères arabes, et ils ont raison de se sentir ainsi. La trahison et l’agression iraniennes dont ils ont été victimes sont totalement injustifiables. Leur amertume est donc profonde, exacerbée par les voix discordantes qui ont interprété les événements sur ce front avec une sorte de jubilation malveillante. La réalité est douloureuse, même si ces voix sont peu nombreuses, mais le mépris affiché par les « États du silence » — comme les a qualifiés M. Adel Al-Zawawi, président du G80 — mérite une attention particulière. Les États arabes du Golfe sont un gage de sécurité pour les Arabes ; quelque 15 millions d’Arabes vivent sur leurs terres et parmi leurs populations. Ces États sont en voie d’élever leur colère et leur reproche à un niveau d’examen global et introspectif de leur environnement géographique. La situation actuelle est différente, car ce qui s’est produit dans le conflit en cours depuis le samedi 28 février 2026 – destructions, attaques contre des civils et des infrastructures, frappes de missiles et de drones – constitue un crime impardonnable. Les missiles et drones lancés par l’Iran contre les pays du Golfe représentent moins de 13 % de ceux lancés contre Israël.
Comment imaginer que le Koweït ait reçu 860 missiles contre 820 pour Israël ? N’est-ce pas un scandale retentissant, une hypocrisie flagrante, étalée sur nos écrans ? D’autres données indiquent que le nombre de missiles et de drones lancés contre les pays du Golfe est huit fois supérieur à celui lancé contre Israël. Qu’a fait le Koweït pour mériter une telle ingratitude et un tel reniement de la part de ses frères arabes, alliés et fidèles dans l’épreuve ? Ces personnes gagneraient à se pencher sur leurs souvenirs, s’il leur en reste, et à se demander ce que le Koweït a offert aux pays arabes confrontés aux difficultés, aux guerres et aux crises, sans rien leur refuser. Ceux qui ont perdu la raison et dont l’équilibre est perturbé, prisonniers de slogans et d’interprétations idéologiques, devraient se remémorer l’histoire de ces relations avant de perdre la raison et la conscience. La déclaration du Dr [Nom] m’a interpellé. Abdullah Al-Ghunaim m’a notamment indiqué un ouvrage publié en 2023 par le Centre koweïtien de recherche et d’études, portant sur le soutien apporté par le Koweït à la révolution algérienne (1954-1962). Il a expliqué que le soutien apporté par le Koweït à cette époque et par la suite était inconditionnel et désintéressé, contrairement à celui d’autres pays. Ce soutien était motivé par des considérations nationales et humanitaires, visant à soutenir le peuple algérien dans sa lutte pour la souveraineté sur son territoire et la construction de son État-nation. Ce soutien ne se limitait pas à l’Algérie, que le Koweït s’est empressé d’aider.
La question ne s’arrête pas aux frontières de l’Afrique du Nord. Ce à quoi nous avons assisté pendant la guerre, c’est le véritable déclin du système arabe, incarné par la Ligue arabe, et son incapacité totale à faire face à l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures arabes. Aujourd’hui, après trente jours de destruction, de bombardements et de souffrances dans la région du Golfe, aucune manifestation arabe n’a été organisée pour présenter ses condoléances à ces pays et à leurs peuples. N’est-il pas honteux que les pays arabes gardent le silence, comme si ce qui se passe ici n’affectait pas leur sécurité ni ne les incitait à agir ? Certains s’empressent même de faire des gestes symboliques et de jouer sur les deux tableaux.


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