Le monde met fin à la bulle pétrolière d’urgence et libère 400 millions de barils de ses réserves.

CNN rapporte que des dizaines de pays ont pris une mesure sans précédent en libérant une quantité record de pétrole brut de leurs réserves d’urgence afin d’empêcher les prix du pétrole de s’envoler à des niveaux susceptibles de paralyser l’économie mondiale.

Le reportage explique que cette mesure à elle seule pourrait ne pas suffire, car la seule option sérieuse à long terme demeure la fin de la guerre et la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation pétrolière.

Le reportage ajoute que ces pays se sont mis d’accord cette semaine pour injecter une quantité record de 400 millions de barils de pétrole sur les marchés afin de compenser la pénurie d’approvisionnement, faisant ainsi éclater la bulle d’urgence sur le marché pétrolier et indiquant le recours à la dernière mesure d’urgence disponible.

Le reportage souligne que la situation constitue déjà une urgence, car le pétrole est bloqué au Moyen-Orient depuis plus d’une semaine après que l’Iran a menacé d’attaquer tout navire traversant le détroit, voie maritime vitale par laquelle transite environ un cinquième du pétrole brut mondial.

Pétroliers bloqués

Selon la société d’investissement Raymond James, la production de plus de 15 millions de barils de pétrole par jour a été interrompue, tandis que des millions d’autres restent bloqués à bord de pétroliers. Rapidan Energy Group a qualifié cette perturbation de la plus importante interruption d’approvisionnement en pétrole de l’histoire, près du double de celle de toute crise précédente.

En réponse, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont ouvert leurs réserves de pétrole et les ont mises sur le marché mondial.

Le rapport explique que cette initiative est cruciale car le pétrole de la Réserve stratégique de pétrole, le stock d’urgence, une fois épuisé, ne pourra être reconstitué que lorsque les approvisionnements seront rétablis. Le seul moyen d’y parvenir est de rétablir le flux de pétrole à travers le golfe Persique.

Le rapport ajoute que cela ne se produira pas à moins que le président américain Donald Trump ne trouve un moyen de mettre fin aux combats et de garantir le passage en toute sécurité des dizaines de pétroliers qui tentent de traverser cette voie maritime désormais extrêmement dangereuse.

Opération de libération

Le rapport indique qu’une expérience récente pourrait donner une indication de l’évolution possible des prix des carburants. Il y a quatre ans à peine, l’ancien président américain Joe Biden a orchestré le plus important déblocage de réserves stratégiques de pétrole de l’histoire, soit 182 millions de barils. Selon les estimations de son administration, cette mesure a contribué à une baisse du prix de l’essence de 17 à 42 cents le gallon sur une période de quatre mois.

Par ailleurs, Tom Kloza, analyste pétrolier indépendant et consultant pour Gulf Oil, a déclaré que le déblocage des réserves à cette époque avait entraîné un prix record de 5 dollars le gallon pour les automobilistes, et ce pendant quelques jours seulement, au lieu de plusieurs semaines.

La nouvelle quantité

Le rapport explique que le prix de l’essence a déjà augmenté d’environ 58 cents le gallon depuis le début de la guerre en Iran à la fin du mois dernier. Les analystes du secteur énergétique prévoient que le prix atteindra 4 dollars le gallon d’ici la fin du mois si le prix du pétrole se maintient aux alentours de 90 dollars le baril pendant une période prolongée.

En effet, les quantités débloquées des réserves représentent une goutte d’eau dans l’océan par rapport à la consommation mondiale. Avec une consommation mondiale d’environ 100 millions de barils par jour, cela signifie que les nouvelles réserves d’urgence de pétrole ne suffiront à couvrir la demande mondiale que pendant environ quatre jours.

De plus, ces quantités ne seront pas mises sur le marché simultanément. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a expliqué dans un communiqué que les stocks d’urgence seront débloqués selon un calendrier adapté à la situation nationale de chaque pays membre.

Réaction du marché

Pour cette raison, les négociants en pétrole ne semblent pas particulièrement enthousiastes pour le moment. Les prix ont même augmenté mercredi suite à l’annonce du déblocage des réserves : le brut américain a progressé de 5 % pour atteindre 88 dollars le baril et le Brent, référence mondiale, a enregistré une hausse similaire à 92,50 dollars le baril.

Guy Hatfield, PDG et fondateur d’Infrastructure Capital Advisors, a déclaré que l’AIE avait déjà utilisé tous les moyens à sa disposition et que les prix ne devraient pas chuter significativement en dessous de 80 dollars le baril tant que des indications claires, et non de simples déclarations, ne seront pas fournies quant à la possibilité pour les navires de franchir le détroit d’Ormuz.

Et après ?

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré qu’elle pourrait libérer des quantités supplémentaires de la Réserve stratégique de pétrole si nécessaire, mais que ses réserves ne sont pas illimitées. La quantité actuellement convenue pour une libération représente environ un tiers du pétrole stocké dans ces réserves.

Cependant, le réapprovisionnement de ces réserves est un processus complexe, car le pétrole doit être acheté progressivement afin d’éviter une flambée des prix. Donald Trump a critiqué la décision de Joe Biden de libérer des réserves en 2022 et s’était engagé, durant sa campagne présidentielle, à reconstituer les réserves pétrolières américaines – une mesure que son administration n’a pas prise, même lorsque les prix du pétrole sont tombés sous la barre des 60 dollars le baril.

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La Gazette

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