Du documentaire à l’événement politique et médiatique.

Par Yasser Al-Saadi.

Le documentaire « NASA », qui présentait les témoignages de 24 officiers et soldats israéliens ayant participé à la guerre de Gaza concernant les opérations militaires systématiques et barbares perpétrées contre des civils palestiniens, notamment des enfants et des femmes, n’était pas qu’une simple œuvre cinématographique éphémère projetée il y a quelques jours à la Mostra de Venise. Il représente un tournant majeur dans la conscience humaine et exige une réflexion approfondie. Ce film, qui a remporté le Prix spécial du jury au festival, selon le quotidien The Guardian, son producteur, et qui a reçu une ovation de 25 minutes, s’est transformé d’un simple moment culturel en un événement politique et médiatique qui a provoqué l’indignation d’Israël. En effet, les personnes interviewées appartiennent à l’armée israélienne et les entretiens ont été menés sur les toits de Tel-Aviv. Elles ont confirmé les massacres systématiques et délibérés dont elles ont été témoins pendant cette guerre contre des civils non armés, exposant ainsi les affirmations de l’entité sioniste selon lesquelles sa guerre était une opération de sécurité nécessaire en état de légitime défense. Face aux témoignages bouleversants de ces officiers et soldats relatant des crimes si odieux qu’ils déshonoreraient l’humanité, l’entité sioniste – malgré son arrogance et son insolence – peut-elle remettre en question les récits émanant de ses propres rangs militaires ? Israël peut-il considérer ces témoignages comme un discours hostile, ou cela impose-t-il un débat interne incontournable, d’autant plus que ses réalisateurs sont les Israéliens Yuval Avraham et Rachel Tzur ? L’accueil enthousiaste et les nombreuses réactions suscitées par le documentaire « Naza » sur les réseaux sociaux, les éloges et le partage de ses extraits, les appels à le visionner, ainsi que le soutien apporté aux images des massacres et des incendies à Gaza, contribuent peut-être à rectifier le récit officiel fabriqué de toutes pièces et propagé par l’occupation, soulevant ainsi des questions éthiques légitimes pour le monde entier, dont la conscience semble sur le point de s’éveiller. C’est une tribune que tous les Arabes doivent saisir pour dénoncer l’occupation. Signe le plus clair à ce jour du bouleversement interne provoqué par le film en Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé avoir ordonné l’élaboration et la mise en œuvre immédiates de lois visant à lutter contre la diffamation des soldats et de l’État d’Israël. Il a également promis de déchoir de leur nationalité toute personne impliquée dans ce qu’il a qualifié de « discrédit » des soldats israéliens, où que ce soit dans le monde, soulignant que les cinéastes subiraient d’importantes pertes financières. Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a menacé de déchoir de leur nationalité les réalisateurs Yuval Avraham et Rachel Tzur, affirmant qu’ils étaient prêts à « nuire à leur patrie pour s’attirer les louanges et les applaudissements d’antisémites du monde entier ». Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, a pris la parole sur la plateforme X, qualifiant le duo de « honte et d’embarras » pour Israël, ajoutant : « Je suis sûr que vos amis, nos ennemis du Hamas à Gaza, vous accueilleront à bras ouverts. »

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La Gazette

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