« Nour »… et l’ère du journalisme automatisé.

Par : Hamza Olayan hamzaolayan@icloud.com …

Nous sommes entrés dans une phase dangereuse concernant les usages de l’intelligence artificielle, et le problème ne se limite plus à un secteur spécifique. La course entre les entreprises de développement est plus féroce que jamais. Ces entreprises pensent que l’intelligence artificielle pourrait être capable d’anéantir l’humanité avant la fin de cette décennie. Jacob Cookson, chercheur chez Antropic, concepteur du modèle « Claude », a admis craindre que les systèmes d’IA ne deviennent incontrôlables et n’aboutissent à l’élimination de l’humanité. Dans notre région, nous sommes encore au stade expérimental, en tant que destinataires et consommateurs de ces systèmes. Les développeurs de technologies mettent en garde contre toute sous-estimation de leur puissance, car ils surpasseront les humains et seront capables de s’infiltrer partout. Actuellement, la recherche se concentre sur la superintelligence, ou « IA générative », qui serait capable d’innover et d’apprendre, surpassant ainsi les capacités humaines. Avant d’atteindre ce stade, nous assistons à une véritable course à l’acquisition de nouveaux abonnés et utilisateurs. Le programme « Manus » se promeut en attirant les utilisateurs avec la promesse de gagner 500 points crédités sur leur compte simplement en se connectant au site. Lorsque ce solde est épuisé, « Manus » vous invite à « parrainer un ami et à gagner 500 points supplémentaires », un système similaire aux loteries et aux tombolas ! Dans le monde arabe, les programmes d’intelligence artificielle sont abordés de manière désordonnée, voire timide, même si certains ont adopté cette technologie et l’ont adaptée à leurs propres besoins. Nous avons évoqué l’écriture, la publication et la production de livres utilisant l’IA dans un article précédent, mais son utilisation dans le monde du journalisme et de l’écriture présente un autre aspect. Lors d’une rencontre de journalistes à Beyrouth, ces derniers ont discuté avec fascination des initiatives prises au sein du quotidien libanais An-Nahar, qui a investi le bastion de l’IA et transformé en profondeur le paysage éditorial, ou qui est actuellement en train de l’expérimenter. Le journal a autorisé ses journalistes à utiliser des logiciels d’intelligence artificielle pour leurs reportages et s’oriente vers une centralisation des informations provenant des correspondants et des agences de presse sous le contrôle d’une seule personne, ou plutôt d’un présentateur nommé « Nour », qui gère l’ensemble des tâches de publication et de diffusion. Les spécialistes du secteur estiment que nous nous dirigeons vers un point où un contrôle total et efficace deviendra impossible, et où il sera difficile de l’arrêter. L’IA prend désormais le contrôle de toutes les étapes, mais une fois l’événement terminé, l’ère de la rapidité et de la concision prévaudra. Naturellement, l’identité des médias connaîtra une transformation radicale, car l’IA prendra en charge la collecte, la compilation, la création des titres et tout le reste du contenu d’actualité, le tout en un temps record. Mais il faut souligner ce « mais ». Je suis convaincu que, aussi avancé que devienne l’IA, l’élément humain ne sera jamais remplacé ; il restera essentiel.

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